mercredi 12 février 2014
mardi 28 janvier 2014
Innover, oui; mais comment?
Depuis que j’ai commencé à réfléchir sur l’innovation, je me suis toujours demandé s’il existait réellement une démarche, des méthodes, des outils efficaces pour cela.
La semaine dernière, j’ai organisé à l’intention de mes collaborateurs et participé à une formation sur le CPS (Creative Problem Solving). Le CPS a été inventé aux Etats-Unis aux débuts des années 50 et y est encore largement utilisé sous diverses formes. J’ai alors découvert une démarche, des méthodes et des outils pour, de façon créative, trouver des solutions afin de franchir des obstacles, vaincre des oppositions, surmonter des difficultés, relever des défis, saisir des opportunités. Et cette approche créative de recherche de solution me paraît pouvoir s’appliquer non seulement à la vie professionnelle, mais aussi à celle de tous les jours. Cela demande évidemment une bonne dose de volonté et beaucoup de pratique.
Dans son livre « j’innove comme on respire » que je recommande à ceux qui veulent aller plus dans la connaissance et la compréhension du CPS, Olwen Wolfe, qui a été la principale animatrice de mon séminaire et qui est à l’origine de l’introduction de cette méthode dans le monde francophone, l’explique de façon exhaustive et méthodique.
Au sortir de ces 2 jours et demi de formation, je me suis conforté dans ma conviction que faire preuve de créativité est à la portée de tout le monde, même si certains en sont naturellement plus capables que d’autres et que le CPS peut nous aider tous à faire « re-vivre » notre capacité d’innovation.
Tout cela me remplit d’espoir pour le futur de l’Afrique qui ne se développera pas et ne jouera pas sa véritable partition dans le concert des nations sans sortir des « autoroutes de la conformité », sans faire preuve de créativité et surtout sans faire appel intensément à la capacité d’innovation de ses enfants. Dans tous les domaines !
Merci et à bientôt
La semaine dernière, j’ai organisé à l’intention de mes collaborateurs et participé à une formation sur le CPS (Creative Problem Solving). Le CPS a été inventé aux Etats-Unis aux débuts des années 50 et y est encore largement utilisé sous diverses formes. J’ai alors découvert une démarche, des méthodes et des outils pour, de façon créative, trouver des solutions afin de franchir des obstacles, vaincre des oppositions, surmonter des difficultés, relever des défis, saisir des opportunités. Et cette approche créative de recherche de solution me paraît pouvoir s’appliquer non seulement à la vie professionnelle, mais aussi à celle de tous les jours. Cela demande évidemment une bonne dose de volonté et beaucoup de pratique.
Dans son livre « j’innove comme on respire » que je recommande à ceux qui veulent aller plus dans la connaissance et la compréhension du CPS, Olwen Wolfe, qui a été la principale animatrice de mon séminaire et qui est à l’origine de l’introduction de cette méthode dans le monde francophone, l’explique de façon exhaustive et méthodique.
Au sortir de ces 2 jours et demi de formation, je me suis conforté dans ma conviction que faire preuve de créativité est à la portée de tout le monde, même si certains en sont naturellement plus capables que d’autres et que le CPS peut nous aider tous à faire « re-vivre » notre capacité d’innovation.
Tout cela me remplit d’espoir pour le futur de l’Afrique qui ne se développera pas et ne jouera pas sa véritable partition dans le concert des nations sans sortir des « autoroutes de la conformité », sans faire preuve de créativité et surtout sans faire appel intensément à la capacité d’innovation de ses enfants. Dans tous les domaines !
Merci et à bientôt
lundi 11 novembre 2013
Financement et innovation
Chers amis,
Je partage avec vous l'article que j'ai publié dans le numéro de RÉUSSIR (mensuel de l'économie au Senegal) qui vient de paraître: http://reussirbusiness.com/archives/1814
Merci et à bientôt.
Je partage avec vous l'article que j'ai publié dans le numéro de RÉUSSIR (mensuel de l'économie au Senegal) qui vient de paraître: http://reussirbusiness.com/archives/1814
Merci et à bientôt.
dimanche 27 octobre 2013
Faire sa part
Faire sa part, la légende du colibris
Le colibris est un petit oiseau presqu’insignifiant. Je vous invite à méditer sa légende tirée d’un conte amérindien:
« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part » .
Merci et à bientôt
Le colibris est un petit oiseau presqu’insignifiant. Je vous invite à méditer sa légende tirée d’un conte amérindien:
« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part » .
Merci et à bientôt
samedi 12 octobre 2013
Innovation inversée, vous avez dit "reverse innovation"?
Ce jeudi 10 octobre 2013, j’ai participé à la 2ème édition d’une fort intéressante manifestation, l’IT Invest&Innovation Forum. L’initiative et le mérite sont à porter au crédit d’un sénégalais du nom de Mohamadou Diallo, Directeur de publication du l’excellent journal, CIO Mag (www.cio-mag.com ). Fait marquant : la Côte d’Ivoire était fortement représentée par le gotha du monde des TIC (ministre, Président et DG de l’agence de régulation, Président du Fonds du Service Universel) et par le Président de l’Association Professionnelle des Banques alors que le Sénégal institutionnel brillait par son absence. Simple constat. Des questions importantes y ont fait l’objet d’échanges fructueux et de haute facture : i) promotion des projets et solutions numériques innovants en Afrique ii) révolution numérique, politiques publiques et nouveaux instruments de soutien iii) rôle du capital investissement comme catalyseur de l’innovation iv) innovation : les enjeux du mobile banking/payment en Afrique v) villes intelligentes (smart cities), quels sont les atouts pour l’Afrique ?
L’évocation du concept d’innovation inversée (« reverse innovation » inventée et théorisée, semble-t-il, à l’Université de Princeton ?) par le modérateur du premier panel – Directeur associé d’un grand cabinet international connu - m’a fait bondir et m’a donné l’occasion de faire un recadrage théorique et historique sur la notion d’innovation. L’occasion était d’autant plus belle que j’avais porté la contradiction par écrit au même consultant en commentant une de ses interviews dans le journal l’Express du 7 octobre 2013. Il y avait doctement parlé en long et en large de l’innovation inversée avec force exemples tirés de réalisations prestigieuses faites en Afrique ; j’avais hâte de lui porter la contradiction.
L’innovation inversée est un concept condescendant qui désigne en quelque sorte toutes les réalisations innovantes nées dans les pays africains, sud-asiatiques et sud-américains, puis reprises, imitées par les pays développées d’Europe et d’Amérique du Nord. Quoi de plus normal pour une innovation que d’être imitée ; c’est le propre même d’une innovation, c’est le signe de sa réussite.
En clair, selon les tenants de ce concept absurde, l’innovation semble être l’apanage et la propriété d’une certaine partie de l’humanité (les humains du centre) ; les innovations réalisées par les autres (les humains de la périphérie) sont affublées du qualificatif quelque peu dévalorisant d’inversé. La réalité est que l’innovation est consubstantielle de l’évolution de l’humanité : de Toumaï à Steve Jobs, l’être humain a innové pour survivre, pour réussir, pour gagner.
De la maîtrise du feu à celle de l’atome, des sociétés humaines essentiellement régies par la loi animale du plus fort à celles policées par la morale et les valeurs religieuses, de l’usage de la pénicilline à la thérapie génique, des chaises à porteur de l’Egypte antique à l’Airbus A380, des tablettes sumériennes au Kindle – liseuse - d’Amazon, des cauris de l’empire du Mali au mobile money, … des êtres humains ont tout simplement eu l’audace de penser différemment, de sortir des autoroutes de la conformité et ont ensuite eu la volonté d’agir concrètement pour réaliser des choses qui améliorent la vie de leur communauté.
Au demeurant, force est de constater que la majeure partie des pays d’Afrique reste encore à la traine en matière d’innovation probablement à cause de certaines circonstances historiques, mais surtout à cause de l’égoïsme des élites politiques, intellectuelles et instruites et aussi d’une certaine passivité des peuples. Et pourtant, la seule façon de faire taire ces porteurs de théories et concepts ethnocentriques et condescendants, tous ceux-là qui nous aiment bien en nous regardant de haut est de jouer notre partition dans le concert des nations et de répondre honorablement présent au rendez-vous du donner et du recevoir. Pour cela, le chemin est celui de l’audace, de la créativité et de l’innovation.
« Seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussiront brillamment »
Merci et bonne journée.
L’évocation du concept d’innovation inversée (« reverse innovation » inventée et théorisée, semble-t-il, à l’Université de Princeton ?) par le modérateur du premier panel – Directeur associé d’un grand cabinet international connu - m’a fait bondir et m’a donné l’occasion de faire un recadrage théorique et historique sur la notion d’innovation. L’occasion était d’autant plus belle que j’avais porté la contradiction par écrit au même consultant en commentant une de ses interviews dans le journal l’Express du 7 octobre 2013. Il y avait doctement parlé en long et en large de l’innovation inversée avec force exemples tirés de réalisations prestigieuses faites en Afrique ; j’avais hâte de lui porter la contradiction.
L’innovation inversée est un concept condescendant qui désigne en quelque sorte toutes les réalisations innovantes nées dans les pays africains, sud-asiatiques et sud-américains, puis reprises, imitées par les pays développées d’Europe et d’Amérique du Nord. Quoi de plus normal pour une innovation que d’être imitée ; c’est le propre même d’une innovation, c’est le signe de sa réussite.
En clair, selon les tenants de ce concept absurde, l’innovation semble être l’apanage et la propriété d’une certaine partie de l’humanité (les humains du centre) ; les innovations réalisées par les autres (les humains de la périphérie) sont affublées du qualificatif quelque peu dévalorisant d’inversé. La réalité est que l’innovation est consubstantielle de l’évolution de l’humanité : de Toumaï à Steve Jobs, l’être humain a innové pour survivre, pour réussir, pour gagner.
De la maîtrise du feu à celle de l’atome, des sociétés humaines essentiellement régies par la loi animale du plus fort à celles policées par la morale et les valeurs religieuses, de l’usage de la pénicilline à la thérapie génique, des chaises à porteur de l’Egypte antique à l’Airbus A380, des tablettes sumériennes au Kindle – liseuse - d’Amazon, des cauris de l’empire du Mali au mobile money, … des êtres humains ont tout simplement eu l’audace de penser différemment, de sortir des autoroutes de la conformité et ont ensuite eu la volonté d’agir concrètement pour réaliser des choses qui améliorent la vie de leur communauté.
Au demeurant, force est de constater que la majeure partie des pays d’Afrique reste encore à la traine en matière d’innovation probablement à cause de certaines circonstances historiques, mais surtout à cause de l’égoïsme des élites politiques, intellectuelles et instruites et aussi d’une certaine passivité des peuples. Et pourtant, la seule façon de faire taire ces porteurs de théories et concepts ethnocentriques et condescendants, tous ceux-là qui nous aiment bien en nous regardant de haut est de jouer notre partition dans le concert des nations et de répondre honorablement présent au rendez-vous du donner et du recevoir. Pour cela, le chemin est celui de l’audace, de la créativité et de l’innovation.
« Seuls ceux qui prennent le risque d’échouer spectaculairement réussiront brillamment »
Merci et bonne journée.
lundi 7 octobre 2013
L'Internet pour tous: une alliance de plus
Alliance for Affordable Internet launches to stimulate global policy reform to lower access costs to users: http://a4ai.org/
samedi 5 octobre 2013
La vraie gouvernance sobre est une exigence rationnelle
L'information a fait le tour de l'Afrique en septembre, même si elle n'a pas été suffisamment relayée et commentée: la Présidente Joyce Banda du Malawi vend son avion présidentiel au profit des plus pauvre. Cet avion, acquis par son prédécesseur à 22 millions USD, coûte 300.000 USD par an au contribuable malawite, alors que 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Bel exemple, symbole fort, mais surtout décision rationnelle. Le dirigeant d'un PPTE (pays pauvre très endetté) doit-il raisonnablement acquérir, essentiellement pour son confort, un avion qui coûte plusieurs millions de dollars en investissement et des centaines de milliers en charges courantes? Est-il raisonnable et conforme à l'éthique de s'offrir une limousine et des 8X8 d'apparat alors que des milliers d'enfants meurent de faim et de malnutrition, que des milliers de personnes meurent par manque d'hôpitaux et de centres de santé suffisamment proches, que les routes cahoteuses sont mortelles, que l'eau, source de vie, est rare, que la fourniture d'électricité est aléatoire?
Est-il compréhensible que le Président d'un PPTE dispose de plusieurs centaines de millions de dollars de fonds politiques pour réaliser des dépenses non-essentielles, souvent improductives, parfois malfaisantes?
Qu'on ne me parle pas d'attribut de souveraineté à propos de toutes ces choses secondaires! La vraie souveraineté commence par la capacité à organiser des élections démocratiques sans tendre la main à l'étranger, à assurer la gestion autonome de sa propre monnaie, ....
La rupture commence par des gestes symboliques forts. Sans leadership fort et éclairé, point de salut pour l'Afrique !
Merci et bonne journée.
samedi 31 août 2013
Afrique, Haut Débit et innovation
Le mardi 20 août 2013, le fondateur et patron de Facebook a annoncé le lancement du projet internet.org (www.internet.org) destiné à connecter les 2/3 de l’humanité (5 milliards de personnes) qui n’ont pas encore accès à l’Internet. Compte de l’immensité de la tâche, Facebook s’est associé d’autres géants des TIC (Ericsson, Mediatek, Nokia, Opera, Qualcomm et Samsung) pour mener à bien ce projet philanthrope et intéressé. Cette importante initiative, qui fait écho au projet Loon de Google auquel j’ai consacré mon article du 22 juin dernier et qui s’appuie essentiellement sur le mobile, a pour objectif de relever 3 principaux défis : - faciliter l’accès à l’Internet par une action sur les coûts (utilisation des réseaux, smartphones low cost) et la desserte des zones géographiques éloignées et/ou isolées ; - améliorer l’efficacité de la transmission des données dans les réseaux, notamment en investissant dans le développement de nouveaux outils et méthodes de compréhension des données ; - promouvoir, développer investir dans de nouveaux modèles d’affaires et de nouveaux services pour permettre au plus grand nombre de se connecter à l’Internet. Ce nouveau projet lancé des acteurs majeurs des TIC, après celui de Google, suscite en mois quelques réflexions : 1) Les opérateurs de télécom, dont les infrastructures seront peu ou prou utilisées dans ce genre de projets, semblent être marginalisés par ces nouveaux géants qui pondent et couvent leurs œufs leur nid: aucun d’entre eux n’est partie prenante de ces initiatives. Pour survivre, ils doivent rapidement reprendre la main ; 2) « Connecter les non connectés » semble être devenu une affaire intéressante, car, malgré les professions de foi, ces projets n’ont pas qu’un but humanitaire. C’est un puissant relais de croissance future pour tous ces grands acteurs de l’économie numérique. Répondant à une question sur Google et les supposés bénéfices que la connexion à Internet peut apporter aux populations déshérités, Bill Gates disait récemment : « quand vous êtes en train de mourir de paludisme et que vous regardez le ciel et voyez un ballon, je ne suis pas sûr que cela puisse vous être d’un quelconque secours. Lorsqu’un enfant a la diarrhée, aucun site web ne peut le soulager. Je crois très fortement à la révolution numérique : connecter des centres de santé, des écoles, c’est une bonne chose. Mais toutes ces choses ne sont pas vraiment pour les pays très pauvres tant que ne vous luttez pas en même temps contre le paludisme ». Je suis d’accord avec lui : il faut démythifier l’Internet tout en restant un fervent partisan de son utilisation massive et volontariste dans tous les domaines d’activité ; c’est un accélérateur de développement, mais pas une panacée ; 3) L’Afrique officielle semble être absente de toutes ces initiatives, trop silencieuse. Qu’attendent l’UA (NEPAD ?), la CEDEAO, la SADDC pour lancer des initiatives d’inclusion numérique réalistes, réalisables et à fort impact sur la vie des populations africaines ; 4) Toutes ces initiatives, pour importantes qu’elles sont, semblent s’en tenir à apporter les moyens techniques et technologiques d’accès à l’Internet : réseaux d’accès aux zones les plus reculés, terminaux d’accès à bas coût. Mais il est très peu fait état des contenus, notamment ceux destinées à ceux qui ne savant ni lire, ni écrire. C’est vrai que ces nouveaux moyens d’accès permettront tous les usages possibles et imaginables ; mais pour qu’ils soient vraiment bénéfiques au plus grand nombre et qu’ils aient un véritable impact positif sur nos sociétés et nos économies, c’est dès maintenant qu’il faut commencer à concevoir à développer les services et applications vocaux et vidéos à base de contenus africains. Il est encore temps pour l’Afrique de jouer sa partition pour ne pas rater le train de la révolution numérique. Merci et bonne journée
mercredi 14 août 2013
La nature comme source d'inspiration de l'innovation
La nature comme source d'inspiration de l'innovation
Je voudrais partager avec vous cet intéressant article sur le biomimétisme (http://blog.surf-prevention.com/2013/08/11/biomimetisme/) qui traite de l'innovation inspirée par la nature. Les exemples qui l'illustrent relèvent principalement des domaines technique et scientifique. Mais, je reste persuadé que l'observation attentive de la nature pourrait également nous inspirer dans d'autres domaines tels que la gestion de l'économie, l'organisation de la société, la préservation de l'environnement. C'est un vaste champ de recherche pour rendre la vie meilleure et assurer la survie de notre espèce.
Merci et bonne journée.
samedi 20 juillet 2013
Le Global Innovation Index 2013
L'Afrique et l'innovation
Le Global Innovation Index (GII) 2013 (http://www.wipo.int/econ_stat/en/economics/gii/) a été publié au début du mois. Il n'y a toujours pas un seul pays africain dans les 50 premiers, même si l'Afrique a globalement avancé: plusieurs pays ont gagné des places.
L'Ile Maurice est 53ème sur 142 pays classés; six autres pays sont dans le top 100: l'Afrique du Sud (58e), l'Ouganda (89e), le Botswana (91e), le Ghana (94e), le Sénégal (96e; gagne une place) et le Kenya ( 99e). Mais il convient aussi de noter que parmi les 42 derniers 26 sont africains. De même, dans le Doing Business 2013 (185 pays classés: http://francais.doingbusiness.org/reports/global-reports/doing-business-2013), même si Maurice (19e), l'Afrique du Sud (39e) et la Tunisie (50e) sauvent l'honneur, l'Afrique reste à la traîne: 16 pays dans les 20 derniers du classement.
Beaucoup de chemin encore à parcourir! Mais au fond, il n'y pas de mystère: pour espérer sortir du sous-developpement, il faudra une bonne dose d'audace et de courage, énormément d'efforts et surtout une probité morale et intellectuelle sans faille.
"La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération."
Merci et bonne soirée
dimanche 7 juillet 2013
Les chefs d'état sénégalais et l'innovation
Le Sénégal en est à son 4ème chef d'état en 53 ans d'indépendance, et zéro coup d'état. Belle preuve de stabilité et formidable avantage compétitif. Avantage malheureusement mal exploité par nos 3 premiers chefs d'état soit par manque d'audace, soit par manque de sagesse.
Le Président Senghor a été le principal artisan de la création de l'état-nation au Sénégal dont un des résultats est la stabilité actuelle du pays. Son profond attachement à la culture et à l'éducation a fait qu'il a fortement contribué à la formation de plusieurs générations d'intellectuels et de cadres sénégalais.
Mais Senghor n'était ni un bâtisseur (comme Houphouët), ni un visionnaire en matière économique. C'était un homme de compromis et de synthèse, un poète, un philosophe, une sorte d'intellectuel "français" modéré; l'archétype du bon élève de l'occident.
Son acte le plus innovant - qui lui a valu l'inimitié de ses pairs d'alors- c'est sa sortie, son abandon volontaire du pouvoir.
Le Président Abdoul Diouf, arrivé au pouvoir par la volonté de Senghor, a donné l'impression, au départ, de vouloir opérer des changements en profondeur, mais s'est révélé plutôt velléitaire. Démocratie intégrale (aucune limitation dans la création des parits politiques), loi sur l'enrichissement illicite, fort développement du secteur des télécoms sont à mettre à son crédit, même s'il n'a pas toujours été suffisamment ferme et résolu pour aller au bout de ses intitatives.
Toujours bon élève de l'occident et des institutions de Bretton Woods, il a failli être le bourreau de l'école sénégalaise avec l'application des poltiques d'ajustement structurel. Il n'a pas non plus été un modèle de gouvernance vertueuse; des scandales non encore élucidés ont fleuri pendant son règne et la plupart des sociétés d'état ou parapubliques ont été des modèles de mauvaise gestion, des gouffres à sou et des vaches à lait pour les politiciens: Dakar Marine, Caisse de Péréquation, LONASE, etc.
Abdou Diouf était censé être un technocrate, donc attendu sur l'économie, mais en dehors de quelques actions d'éclat et d'une politique économique rigoureuse vers la fin de son règne (plan Sakho-Loum), il a globalement déçu. Il donnait l'impression d'un roi fainéant qui avait délégué la gestion du pays à son principal collaborateur qui n'en a pas forcément fait bon usage.
Le Président Aboulaye Wade, lui, avait tous les atouts pour réussir le décollage du Sénégal, parce que portév au pouvoir par une vague populaire avide de changement et une jeunesse mobilisée et prête à relever les défis du développement. Malgré la réalisation d'infrastructures importantes et une certaine ambition dans ce domaine, il a cruellement manqué de hauteur de vue, de grandeur d'âme et de sagesse. Et pourtant, c'éatait le plus apte de nos chefs d'état à innover, car capable de sortir du politiquement correct, du prêt-à-porter idélogique et des autoroutes de la conformité. Mais, il s'en malheuruesement servi pour amuser la galerie, pour essayer de "briller" et non pour nous proposer et assoir une alternative crédible et durable aux politiques classiques; il a souvent fait illusion. Wade avait peut-être de grands projets, mais pas de grands desseins.Beaucoup de théories fumeuses, une incitation de ses partisans à l'enrichissement illicite et sans cause, une forte propension au népotisme éhonté, un cynisme et un rapport à certaines valeurs fondamentales de notre société indigne d'un sénégalais de son âge.
Et le Président Macky Sall, que peut-on dire de lui? Pas grand-chose pour le moment! Peut-être est-ce trop tôt. Pour un observateur externe comme moi, un constat simple est à faire pour le moment: la rupture n'est pas encore au rendez-vous. Le sera-t-elle un jour? Wait, act and see.
Merci et bonne soirée.
samedi 8 juin 2013
Poltiques économiques et innovation
Le FMI fait son mea culpa sur la gestion de la crise grecque: tel est le titre de l'article que j'ai lu dans le journal français Le Monde daté d'hier. Signe des temps: nous sommes dans l'ère de la vitesse; tout s'accélère, même la reconnaissacne par le FMI de ses erreurs. Concernant les PAS (politiques d'ajustement structurel) appliquées en Afrique dans les années 80, cela a pris au moins 20 ans.
Voici quelques lignes de cet article: " hypothèses de croissance trop optimistes, sous-estimation de l'impact des mesures d'austérité budgétaire, erreur stratégique concernant la restructuration de la dette souveraine grecque qui aurait dû intervenir plus tôt, mauvaise coordination au sein de la troïka ... Telles sont les principales erreurs ...". Y a-t-il eu autre chose que des erreurs?
Revenant aux PAS, je suis loin d'être économiste, mais mon bon sens ne me permet de comprendre comment la plupart des gouvernements africains ont pu accepter de renoncer à soigner leur peuple et à éduquer leurs enfants! Comment ont-ils pu accepter comme des moutons de Panurge d'appliquer ces mesures qui défient le bon sens? Peut-on éspérer se développer sans être soigné et éduqué? Seuls qui ceux qui pensent détenir la vérité et qui se sont toujours trompés peuvent le croire.
Autre chose: il semble qu'aucun des pays dits émergents aujourd'hui n'avaient accepté d'appliquer les PAS dans les années 80.
Une lueur d'espoir: l'Afrique est en train de faire son aggiornamento en matière de politiques économiques et ce n'est pas trop tôt. Mais, il faut aller plus loin: il faut vraiment innover dans dans ce domaine essentiel. Je ne suis pas économiste, je n'ai de solutions à proposer; j'en laisse le soin à mes amis économistes.
Merci et à bientôt
dimanche 26 mai 2013
L'Afrique, championne de l'innovation jamais réalisée
L'Afrique et l'innovation (5)
L'Afrique, championne de l'innovation jamais commercialisée! C'est le titre d'un article que j'ai trouvé dans Jeuneafrique.com et dont je propose la lecture.
Auparavant, je voudrais vous livrer quelques éléments de réflexion rapides.
1) Depuis que j'ai commencé à réfléchir et à faire des recherches sur l'innovation en Afrique, je n'ai pas encore de trouvé de politique formelle de soutien aux innovations. Que des velléités et des actions isolées!
2) Dans le secteur que je connais le mieux, celui des télécommunications, la plupart des gouvernements se sont efforcés à amasser des sommes importantes par la vente de licences d'opérateurs mobiles, sans avoir une vraie vision de développement à long terme. Résultat: la plupart des pays sont encore largement en retard en matière d'accès à l'Internet et presque au degré "0" pour l'Internet haut et très haut débits. Le téléphone en Afrique a été et est mobile. L'internet en Afrique sera mobile ou ne sera pas. Les technologies pour le haut et le très haut débits existent: qu'attend-on? Il faut y aller maintenant pour éviter d'être des exclus de la vie et de l'économie numériques.
3) En matière de financement de l'innovation, j'ai constaté que dan la plupart des pays africains, c'était quasiment le désert. L'Afrique, peut-elle se développer sans innovations?
A lire sur Jeuneafrique.com:
Merci et à bientôt
dimanche 12 mai 2013
Banques et innovation
Je voudrais vous relater deux histoires bancaires qui ont été vécues par deux de mes amis cette semaine.
1) Le 1er est patron d'une PME qui est en train de réaliser une prestation pour une grande société de la place de Dakar. Pour terminer rapidement sa prestation et pouvoir facturer le solde de 8.500.000 FCFA, il a un besoin urgent de financement de 3.000.000 FCFA. Sa banque fait des histoires et se révèle incapable de lui accorder ce prêt de 3.000.000 FCFA dans des délais raisonnables.
Les mots de mon ami (en rouge dans son mail) à l'égard des banques sont très durs: ici la banque ne fait pas son boulot" . « Au Sénégal, les banques ne servent à rien du tout!!!"
2) Le 2ème est cadre dans une multinationale dans un pays francophone de la zone UEMOA (FCFA Afrique de l'Ouest). Pour un prêt de 6.000.000 FCFA u taux effectif de plus de 12% payable sur 2 ans, la banque, en plus des garanties habituelles (domiciliation de son salaire, police d'assurance, etc.), l'a obligé à ouvrir à un compte d'épargne bloqué: le montant mensuel de l'épargne représente plus 50% de la mensualité du prêt. Allez y comprendre quelque chose!
Ces deux exemples illustrent les difficultés qu'ont les ménages et les entreprises à se faire financer - à des coûts exorbitants-par les banques en zone UEMOA. Est-ce la même situation dans les autres zones pays d'Afrique? A voir.
Ces deux anecdotes m'emmènent à me poser un certain nombre de questions:
1) le conservatisme et la frilosité du secteur bancaire - en zone UEMOA- est-il compatible avec un financement de l'économie?
2) Dans ces conditions, n'est-il pas illusoire de penser à des financements innovants pour les start-ups et les entreprises innovantes? Quid du rôle de l'Etat?
Merci et à bientôt
1) Le 1er est patron d'une PME qui est en train de réaliser une prestation pour une grande société de la place de Dakar. Pour terminer rapidement sa prestation et pouvoir facturer le solde de 8.500.000 FCFA, il a un besoin urgent de financement de 3.000.000 FCFA. Sa banque fait des histoires et se révèle incapable de lui accorder ce prêt de 3.000.000 FCFA dans des délais raisonnables.
Les mots de mon ami (en rouge dans son mail) à l'égard des banques sont très durs: ici la banque ne fait pas son boulot" . « Au Sénégal, les banques ne servent à rien du tout!!!"
2) Le 2ème est cadre dans une multinationale dans un pays francophone de la zone UEMOA (FCFA Afrique de l'Ouest). Pour un prêt de 6.000.000 FCFA u taux effectif de plus de 12% payable sur 2 ans, la banque, en plus des garanties habituelles (domiciliation de son salaire, police d'assurance, etc.), l'a obligé à ouvrir à un compte d'épargne bloqué: le montant mensuel de l'épargne représente plus 50% de la mensualité du prêt. Allez y comprendre quelque chose!
Ces deux exemples illustrent les difficultés qu'ont les ménages et les entreprises à se faire financer - à des coûts exorbitants-par les banques en zone UEMOA. Est-ce la même situation dans les autres zones pays d'Afrique? A voir.
Ces deux anecdotes m'emmènent à me poser un certain nombre de questions:
1) le conservatisme et la frilosité du secteur bancaire - en zone UEMOA- est-il compatible avec un financement de l'économie?
2) Dans ces conditions, n'est-il pas illusoire de penser à des financements innovants pour les start-ups et les entreprises innovantes? Quid du rôle de l'Etat?
Merci et à bientôt
jeudi 9 mai 2013
Le prix de l'innovation pour l'Afrique 2013
L'Afrique et l'innovation (4)
Le prix de l'innovation pour l'Afrique a livré son verdict (http://africaninnovationnews.com/news-3/#news3): le vainqueur est l'équipe sud-africaine de chercheurs et entrepreneurs d'AgriPortein Technologies qui a développé une nouvelle source de protéines animales à partir de larves de mouches. Cette invention, qui a d'énormes chances de devenir une véritable innovation, devrait avoir un impact très positif sur la réduction du coût des aliments en Afrique par une baisse notable du coût de l'alimentation du bétail pour les fermiers et producteurs africains.
Le 2ème prix a été décerné à la start-up tunisienne Saphon Energy qui a mis au point une éolienne sans pales en vue de produire une énergie propre et rentable.
Deux inventions prometteuses et opportunes: elles apportent des solutions originales dans deux domaines prioritaires en Afrique, l'alimentation et l'énergie.
Au delà du prix (100000 USD pour le 1er et 25000 pour le 2ème) que les promoteurs ont reçu, j'espère qu'ils bénéficieront de l'accompagnement (financier notamment) nécessaire pour créer rapidement une activité rentable et durable à partir de leur invention.
Merci et à bientôt
dimanche 28 avril 2013
Le prix de l'innovation pour l'Afrique (finalistes)
L’Afrique et l’innovation (3)
Le
prix de l’innovation pour l’Afrique a choisi ses 10 finalistes le 24 avril (http://innovationprizeforafrica.org/)
Le gagnant sera annoncé le 7 mai à Cape Town et recevra 100 000 USD. Belle
et louable initiative pour stimuler la créativité et développer l’esprit d’entreprise,
même si elle reste un peu confidentielle. Pourquoi n’y a-t-il plus de
communication pour mieux faire connaître une telle opération, d’autant plus qu’elle
est organisée par la Fondation Africaine et surtout la Commission Economique pour l’Afrique, organisme des Nations Unies ? Pourquoi rester aussi timoré lorsqu’il
s’agit de faire savoir des choses sérieuses et essentielles ? Bien d’autres
événements bien moins importants font l’objet d’une large publicité à travers
les ondes africaines. Allez comprendre !
Un
des finalistes m’a quand même interpelé : il s’agit de l’inventeur sénégalais
Sanoussi Diakité et sa décortiqueuse de fonio (céréale connue en Afrique de l’Ouest).
Avec son invention qui date de 1993,
Sanoussi Diakité a déjà gagné plusieurs prix au Sénégal, en Afrique et dans le
monde. Mais alors, un certain nombre de questions me viennent à l’esprit :
–
Que vient-il chercher dans cette
compétition ?
–
Comment cela se fait-il qu’une telle
invention n’ait pas encore pu passer à la phase industrielle 20 ans après? Y a-t-il des doutes sur
son utilité ou sur la taille de son marché adressable ? Peut-il s’agir d’un
problème de financement, si l’on sait que les ressources recherchées sont
estimées à 520.000 € ?
J’espère
que des lecteurs avertis pourront nous éclairer, car je n’arrive pas à
comprendre qu’un inventeur reste sur les starting blocks pendant autant d’années.
Sans
connaître les raisons de cette situation, je puis néanmoins affirmer que, dans
tous les cas, le passage de l’innovation nécessite au moins une qualité essentielle
qu’est la capacité d'exécution. « Elle consiste à savoir traduire ses
décisions en actes, les mettre en œuvre en dépit des résistances, du chaos ou
des obstacles imprévus. Celui qui possède cette qualité sait que gagner est
affaire de résultats. » 1
Merci et à
bientôt
1 Jack Welch « Mes
conseils pour réussir »
mercredi 24 avril 2013
FASO SOAP, vainqueur du Global Social Venture Capital
L’Afrique et l’innovation (2)
Dans
mon post du 7 avril, j’avais promis de partager avec quelques exemples
d’innovations réalisées en Afrique.
Savez-vous
que la finale mondiale de la Global Social Venture Capital (http://www.gsvc-essec.org/)
a été remportée par deux jeunes Burkinabés, étudiants à 2iE : premier prix
du jury et prix du coup de cœur du public. Qu’est-ce le GSVC ? C’est l’unique compétition internationale de
Business Plans Sociaux, dédiée aux étudiants et jeunes diplômés, créateurs
d'entreprises à fort impact social et/ou environnemental.
Qu’ont proposé Moctar et Gérard, les deux jeunes étudiants ? Ils ont créé FASO SOAP : c’est un savon anti-moustique
accessible à tous, produit à partir de ressources 100% locales permettant
de protéger ses utilisateurs du paludisme (http://vimeo.com/63409639). Quelle pertinence ! Quelle
réponse adéquate à un besoin essentiel de nos populations ! Voilà une
belle illustration de l’Afrique qui innove et qui avance. Dans bien d’autres
domaines, des africains, jeunes et moins jeunes, adoptent une posture ambitieuse
et se mettent en situation de franchir une « Nouvelle Frontière ».
Il y a
deux semaines, j’étais à Dakar dans le cadre de mes activités professionnelles
et ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de porteurs de projets dans le
domaine des TIC, en particulier dans celui des services à valeur ajoutée
accessible via le téléphone mobile. J’ai été non pas surpris, mais très
positivement impressionné par la qualité et le caractère potentiellement
innovant des projets qui nous (mon équipe et moi) ont été présentés. Pour
résumer ma pensée et qualifier ces projets de façon simple, j’emprunterai les
mots du Président Senghor : enracinement et ouverture. Enracinement aux
besoins du terrain et à la culture locale, ouverture vers les technologies les
plus avancées.
Des
échos qui me viennent des différentes parties de l’Afrique, les initiatives
privées dans les TIC foisonnent, de bons projets qui ne demandent qu’à être
accompagnés émergent. Mais, malheureusement, les états, dans leur grande
majorité, malgré leurs déclarations d’intention et leurs professions de foi sur
le caractère stratégique des TIC, peinent à apporter le soutien minimal
nécessaire à la concrétisation de ces projets, à leur transformation en
véritables innovations qui améliorent la vie des africains.
Je
voudrais avant de finir revenir à mes exemples et en détailler deux :
1)
Le logiciel de
gestion des banques de l’habitat : conçu par Moustapha Sarr (Directeur
Général de Crésus Afrique et ancien Directeur Moyens Informatiques et Méthode
de la BH Sénégal) et développé dans les années 1980 par son équipe informatique
aidée de consultants externes, il avait été choisi par les banques de l’habitat
du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Congo. Il faisait alors référence dans son
domaine grâce à sa flexibilité et son adaptabilité aux besoins liés au
financement de l’habitat dans les pays concernés.
2)
Sonatel
est née en 1985 d’une innovation voulue par l’état du Sénégal dans
l’organisation institutionnelle du secteur des postes et télécommunications. A
l’époque où l’état prenait cette décision de séparer la poste des
télécommunications et de regrouper l’activité des télécommunications
–nationales et internationales- dans une seule société nationale autonome,
rares étaient les pays européens ou africains où une telle mesure était
envisagée. Ensuite, la réussite s’est bâti, grâce à un leadership éclairé et à
visage humain, sur une série d’innovations :
a.
Bonne
gouvernance à l’époque où ce terme était quasi inconnu et pas du tout galvaudé
comme aujourd’hui. Les maîtres mots ont été dès le début, en particulier à
partir de 1988 : exemplarité, probité morale et intellectuelle, tolérance
zéro à l’égard des voleurs et des fraudeurs ;
b.
Investissements
massifs dans des technologies avancées et volonté d’une large couverture du
pays : réseau de communication de données X25 pour les entreprises en 1988,
vaste programme de téléphonie rurale – déjà en 1990, le slogan était
« mettre chaque sénégalais à moins d’une heure de marche d’un téléphone
qui fonctionne avant 2005 »-, vaste programme d’automatisation et de
numérisation du réseau dans toutes les régions du pays à partir de 1987-1988,
introduction de la Fibre Optique en 1990-1991, création du 1er ISP
sénégalais en 1991, participation à plusieurs projets de câbles sous-marins par
fibre optique (3 autoroutes différentes pour sortir du Sénégal aujourd’hui),
réseau IP pour les entreprises, mobile GSM en 1996, ADSL en 2003, mobile 3G en
2008, etc.
c.
La
privatisation de l’entreprise en 1997 avec la décision clairvoyante prise par
l’état de privatiser avant de libéraliser, se détourant des conseils de
« ceux qui détiennent la vérité et se sont toujours trompés » et
donnant la chance au Sénégal d’avoir un opérateur historique fort. Il n’y a
quasiment pas de pays avec un réseau de télécommunications développé sans
opérateur historique fort.
d.
L’introduction en
1998 de l’entreprise à la Bourse Régionale d’Abidjan qui a permis de créer un
actionnariat populaire au Sénégal et dans la plupart des pays d’Afrique de
l’Ouest. Sonate, seule entreprise sénégalaise présente à la Bourse d’Abidjan,
représente encore de l’ordre de 40% de la capitalisation
e.
Croissance
externe par l’acquisition de licences d’opérateurs dans la sous-région
ouest-africaine.
f.
Fondation
Sonatel : 1ère fondation d’entreprise au Sénégal créée en 2002,
elle œuvre dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la culture et a
des réalisations emblématiques comme l’IRM installé en 2009 dans un CHU de
Dakar, la prise en charge médicale gratuite de personnes âgées, l’organisation
du 1er téléthon pour la lutte contre le paludisme en 2003, le
programme de scolarisation des jeunes.
g.
La politique sociale,
avec en particulier l’actionnariat salarié et une politique d’habitat ambitieuse
et adaptée au contexte local « un sonatélien, une maison avant la retraite ».
h.
Un syndicalisme
clairvoyant et patriote qui s’est mobilisé à chaque fois que les intérêts de l’entreprise
et du pays ont été menacés : un slogan évocateur, le patriotisme d’entreprise ».
Sonatel
n’a pas manqué de faire des émules dans le monde des entreprises aussi au
Sénégal qu’en Afrique et même largement au-delà ;
Je
pourrai encore citer d’autres exemples d’innovations ou d’innovateurs tels que
-
Mo Ibrahim,
fondateur de Celtel, qui a été le premier à croire au succès du mobile en
Afrique,
-
mPedigree,
solution développée par un Ghanéen utilisant le mobile pour lutter contre les
médicaments contrefaits,
-
le succès
phénoménal du mobile money au Kenya avec m-Pesa
-
CARDIOGLOB :
c’est donc un projet développé par le Camerounais Marc Arthur Zhang. Son but
est de réduire le taux de mortalité due aux maladies cardiovasculaires en
palliant le manque de cardiologues dans les pays pauvres grâce à la mise en
œuvre de méthodes innovantes permettant d’effectuer les examens cardiaques et
l’interprétation à distance. Il utilise une transmission des données
biomédicales via le réseau téléphonique mobile.
Je sais
que bien d’autres exemples, qui me sont inconnus, existent dans bien d’autres domaines
tels que l’agriculture, l’entrepreneuriat social, la production d’énergie, l’utilisation
des matériaux locaux dans la construction, etc. Les rares domaines où je n’ai
trouvé presque aucune trace de démarche vraiment innovante restent ceux
relatifs à nos institutions politiques et à nos politiques de développement.
Pour
enrichir le débat, je vous invite à partager avec nous toute démarche
susceptible d’apporter une innovation dans quelque domaine que ce soit.
Merci et
à bientôt ; le sommeil me gagne.
mardi 16 avril 2013
L'innovation invisible en Inde
Bonsoir,
Je soumets cette vidéo à votre appréciation et à vos commentaires http://www.ted.com/talks/nirmalya_kumar_india_s_invisible_entrepreneurs.html.
A bientôt
Je soumets cette vidéo à votre appréciation et à vos commentaires http://www.ted.com/talks/nirmalya_kumar_india_s_invisible_entrepreneurs.html.
A bientôt
dimanche 7 avril 2013
L'Afrique et l'innovation
L’Afrique et l’innovation
C’est
presque un truisme de dire que l’Afrique est globalement en retard en matière
d’innovation.
L’Afrique
reste encore non seulement consommatrice de technologies et de produits
manufacturés, mais aussi de produits et services culturels importés et surtout
de modèles importés dans tous les domaines.
Modèles
de développement importés, parfois imposés ! Nous avons tous vécu sinon
entendu parler des programmes d’ajustement structurels appliqués dans les
années 80 dans la plupart des pays d’Afrique sous la houlette du FMI et la BM.
Je ne suis ni économiste, ni spécialiste en politique de développement, mais je
crois savoir que ces programmes, qui ont entraîné des réductions drastiques
dans les budgets destinés aux actions sociales, à la santé et l’éducation, n’ont
pas été de grands succès ; même les institutions qui les avaient initiés
le reconnaissent aujourd’hui. Mais la question qui me taraude l’esprit et je
partage avec vous est la suivante : comment a-t-on pu imaginer qu’un peuple
mal nourri, mal soigné et mal éduqué puisse se développer, voire aller le
moindre progrès ?
Aujourd’hui,
la mode est aux Stratégies de Réduction de la Pauvreté initiées par les mêmes
institutions ; la plupart des pays africains à faible revenu ont élaboré
ou sont en train d’élaborer leur DRSP (Document de Stratégie de Réduction de la
Pauvreté), condition pour accéder aux financements nécessaires à la réalisation
des OMD (Objectifs du Millénaire). Tout cela est positif et montre que l’on a
tiré des enseignements des dégâts causés par les programmes d’ajustement
structurel ; mais je vais vous surprendre en vous disant que j’ai
quasiment un haut le cœur à chaque fois j’entends nos spécialistes des
politiques de développement gloser sur le DRSP. J’ai eu l’occasion de visiter
plusieurs pays africains ces six dernières années et ai fait le constat suivant
en tant que simple observateur : les discours sur le DRSP se ressemblent
beaucoup et me semblent être une leçon bien apprise que l’on répète partout. Je
n’ai pas la prétention de connaître le contenu et la substance des DRSP des
pays j’ai visités, où j’ai vécu, mais j’ai
l’impression d’être dans le modèle classique des deux institutions que j’ai
citées plus haut : le « one size fits all », la pensée
« prêt-à-porter » ou le prêt-à-penser. J’espère me tromper.
En
réalité, ce qui me choque le plus dans les DSRP, c’est le manque d’ambition, de
perspective et d’audace qu’inspire cette appellation.
Dans mon esprit, lorsque l’on parle de stratégie, les buts et les aspirations
doivent être élevés : la sortie de la pauvreté n’est pas une stratégie
qu’on porte comme un étendard, ce doit être simplement une composante d’une
stratégie de développement global. Nous –nos dirigeants surtout- devons apprendre à nous méfier, voire nous passer des
spécialistes qui détiennent la vérité mais qui se sont toujours trompés.
Trompés de diagnostic, et forcément de remède !
Modèles
institutionnels également importés et probablement mal adaptés ! Même si
l’on s’accorde avec Winston Churchill pour dire que "La démocratie est la pire forme de gouvernement à l’exception de
toutes les autres que l’on a essayées de temps à autre.",
il me paraît difficilement concevable qu’un pays puisse avoir durablement des
institutions démocratiques dont il est incapable de financer le fonctionnement.
Tendre la main tous les 5, 6 ou 7 ans à la communauté internationale pour
financer ses élections présidentielles ou législatives n’est pas viable. Quel
beau thème d’innovation pour nos politologues, nos spécialistes en droit
constitutionnels et autres théoriciens de la politique !
Revenons
à l’innovation. Dans le classement 2012 de l’Organisation Mondiale de la
Propriété Intellectuelle (WIPO Global Innovation Index ; http://www.globalinnovationindex.org/gii/index.html
) qui compte 141 pays, seul un pays d’Afrique figure dans les 50 premiers (Ile
Maurice), 8 autres dans les 50 suivants (Afrique du Sud 54, Tunisie 59, Namibie
73, Botswana 85, Maroc 88, Ghana 92, Kenya 96, Sénégal 97) ; quinze pays
sur les vingt derniers sont africains. Cela confirme que l’Afrique est
globalement en retard en matière d’innovation, alors que sa situation de
continent le plus pauvre, le moins développé du monde nécessite qu’elle se
projette à la pointe dans ce domaine. Comment peut-on rattraper les autres et
les dépasser si on n’est pas capable d’aller plus vite en matière
d’innovation ? Lorsqu’on étudie de plus près ce classement, on se rend
compte que l’Afrique reste encore globalement – certains pays arrivent à se
distinguer positivement- à la traîne sur des critères comme l’environnement
politique, la qualité de la régulation et surtout le savoir et la technologie,
la capacité créative et les infrastructures (communications, transports,
énergie).
Il ne s’agit de dire que l’Afrique est en panne d’innovations et d’innovateurs. Non, l’Afrique
regorge d’innovations et d’innovateurs dans beaucoup de domaines ; les
exemples sont nombreux et je reviendrai
là-dessus dans une prochaine publication.
Mais la réalité
est que les innovations réalisées en Afrique sont généralement à faible impact
systémique : il s’agit souvent d’innovations incrémentales de survie (la
débrouillardise ingénieuse), d’initiatives souvent inorganisées, parfois
d’innovations de rupture liées à la volonté et l’ingéniosité d’individus,
entrepreneurs au sens schumpetérien. Très clairement en Afrique, nos états ne donnent
pas l’impression d’être très conscients du rôle de l’innovation et de la
nécessité d’en faire un acte majeur de nos politiques de développement. C’est
cela qu’il faut changer pour espérer atteindre la masse critique d’innovations
et d’innovateurs indispensables au véritable développement de l’Afrique.
Merci et à
bientôt
dimanche 31 mars 2013
Innovation et réussite
Innovation et réussite.
Depuis quelques mois que j'ai commencé à réfléchir sur ce sujet, j'ai acquis la conviction que les réussites humaines, dans quelque domaine que ce soit, résultent d'innovations.
Plusieurs exemples dans des domaines très divers me viennent spontanément à l'esprit:
- l'ordinateur individuel (PC ou Apple), les smartphones, les tablettes, l'Internet et les services connexes tels que Google ou Facebook,
- le téléphone mobile et son incroyable succès en Afrique: les terminaux mobiles bon marché et le prépayé comme facteurs essentiels de succès,
- m-Pesa, le mobile money de Safaricom au Kenya ou la solution de transfert d'argent w@ri au Sénégal,
- m-Pesa, le mobile money de Safaricom au Kenya ou la solution de transfert d'argent w@ri au Sénégal,
- l'automobile, l'avion
- la Chine moderne, 2ème puissance mondiale, usine du monde: l'économie socialiste de marché de Deng Xiaoping,
- le lait, le sucre, le café en mini-dose: la vendeuse de "thiaf" (arachides grillées) comme modèle
- l'aspirateur sans sac de Dyson,
- la montre Swatch qui a sauvé l'industrie horlogère suisse d'une mort certaine face à l'arrivée massive de montres électroniques bon marché venues du Japon,
- Nespresso qui a révolutionné l'art du café,
- l'appel du 18 juin 1940 du Général De Gaulle qui a été une contribution décisive au sauvetage de la France,
- les marches bleues d'Abdoulaye Wade en 2000,
- les 2 années de pré-campagne de Macky Sall dans le Sénégal des profondeurs,
- le fosbury flop comme technique de saut en hauteur,
- les chroniques de Mamane sur RFI.
Les exemples sont nombreux et je pourrai encore en citer des dizaines. Mais vous devez vous demander ce que ces différents exemples ont en commun et en quoi ce sont des innovations.
Posons alors la question: qu'est-ce qu'une innovation?
Dans le domaine du marketing, donc des produits et services en entreprises, la chose est relativement plus simple à expliquer et à comprendre.
Certaines définissent un peu rapidement une innovation comme une invention qui a rencontré son marché, c'est-à-dire qui répond à des besoin ou des attentes clients. C'est vite dit et un peu restrictif, car une innovation ne découle pas toujours d'une invention. Selon moi, une innovation dans le domaine des produits et services répond essentiellement à trois, voire quatre critères qui:
1) le caractère inédit sur le marché concerné, qu'il soit local, national, sous-continental, continental ou mondial. Il ne s'agit pas de dire qu'un produit ou service innovant est forcément nouveau sur son marché; il est en effet possible d'innover en partant d'un produit ou service existant (donc sans invention grand-chose), en jouant juste sur une des caractéristiques du produit ou service: i) les caractéristiques (conditionnement par exemple), ii), le prix ou la façon de faire payer (cas du prépaiement dans le mobile en Afrique), iii) la façon de vendre ou d'organiser la distribution, iv) la promotion/communication ou la façon de faire savoir;
2) la satisfaction d'un besoin manifeste ou latent d'une frange significative de consommateurs;
3) la création de valeur (revenus, profits, voire image) pour l'entreprise;
4) Conséquence des 3 autres critères: le fait d'être copié, imité.
Vous devez vous dire qui ces critères sont peut-être pertinents pour les produits et services, ils ne le sont pas forcément dans d'autres domaines. Vous avez certainement raison.
Mais, vous serez peut-être d'accord si j'emprunte la définition que donne de l'innovation Carmine Gallo dans " Les secrets de l'innovation de Steve Jobs":
"L'innovation est une façon nouvelle de faire des choses qui entraîne un changement positif. Elle rend l'existence meilleure".
M'appuyant sur cette définition que je trouve excellente, je dirai à ma façon: innover, c'est penser différemment et agir concrètement pour réaliser des choses qui améliorent la vie d'une clientèle ou d'une communauté".
Très clairement, dans ma conception, trois choses sont essentielles dans toute innovation: i) le penser différemment, c'est-à dire la volonté de sortir des sentiers battus, des autoroutes de la conformité ii) la capacité d'exécution ou la volonté de réaliser et réussir quelque chose de concret iii) la recherche d'un but positif, voire élevé dans certains cas.
Je pourrai appliquer ces définitions à chacun des cas que j'ai évoqués en introduction.
Je voudrais partager avec vous cette réflexion naissante afin de l'élargir et de la développer.
Je reviendrai régulièrement soumettre à votre appréciation le fruit de mes réflexions et aussi engager avec vous l'échange d'idées sur des thèmes connexes.
Merci et à bientôt
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