jeudi 9 mai 2013

Le prix de l'innovation pour l'Afrique 2013

L'Afrique et l'innovation (4)
 
Le prix de l'innovation pour l'Afrique a livré son verdict (http://africaninnovationnews.com/news-3/#news3): le vainqueur est l'équipe sud-africaine de chercheurs et entrepreneurs d'AgriPortein Technologies qui a développé une nouvelle source de protéines animales à partir de larves de mouches. Cette invention, qui a d'énormes chances de devenir une véritable innovation, devrait avoir un impact très positif sur la réduction du coût des aliments en Afrique par une baisse notable du coût de l'alimentation du bétail pour les fermiers et producteurs africains.
Le 2ème prix a été décerné à la start-up tunisienne Saphon Energy qui a mis au point une éolienne sans pales en vue de produire une énergie propre et rentable.
Deux inventions prometteuses et opportunes: elles apportent des solutions originales dans deux domaines prioritaires en Afrique, l'alimentation et l'énergie.
Au delà du prix (100000 USD pour le 1er et 25000 pour le 2ème) que les promoteurs ont reçu, j'espère qu'ils bénéficieront de l'accompagnement (financier notamment) nécessaire pour créer rapidement une activité rentable et durable à partir de leur invention.  
Merci et à bientôt
 
 

3 commentaires:

Alioune Diop a dit…

Bonjour Bacc

Je suis avec beaucoup d'intérêt tes contributions (enseignements devrais-je dire) relatives à l'innovation. C'est un sujet extrêmement important mais qui m'a toujours énormément préoccupé parce qu'il nous permet d'évaluer à quel point nous africains, sommes en retard par rapport au mode d'évolution du monde. Aussi, plutôt que de réfléchir à proposer des solutions je me résoudrai pour l'instant à me poser quelques questions essentielles.
Peut-on parler de prédispositions à l'innovation?
Certains peuples ne seraient-ils pas plus à même d'innover que d'autres? je donnerais juste un exemple et un contre exemple pour avoir le sentiment des lecteurs.
L'exemple patent d'une technologie "figée" chez nous est le métier à tisser (le seurou ndiago). Depuis que nous l'avons connu il n'a pas connu la moindre évolution. La "science" du tissage est restée attribuée à un groupe social bien précis qui la conserve précieusement avec le "mythe" qu'il faut. Qui est-ce qui empêche au ndiago tisserand de se confectionner une banquette confortable avec un dossier et de la mousse ne serait-ce que pour se soulager l'échine? Pourquoi conserver ces bandes de pagne de petite largeur que nos chères dames sont obligées de rattacher ensuite? A quand le métier à tisser les pagnes grande largeur ?
Pour cette dernière question d'ailleurs il parait que ce métier à tisser est en expérimentation mais malheureusement il n'a pas été conçu par un ndiago, ni même par quelqu'un de chez nous...
Je vais conclure cette contribution par un contre exemple qui vous fera sourire certainement mais qu'il faut prendre au sérieux.
Saviez-vous que nous pourrions être cités parmi les plus les plus innovants en matière de danse?
Gikoulou !

Alioune Diop a dit…

C'est encore moi.

Je reviens d'un voyage d'études à la NASA à Houston. Ma perception que j'avais des grandes réalisations en matière d'activités spatiales a positivement évoluée. Sur place j'ai pu apprécier qu'il ne s'agit simplement que d'oeuvres à dimension purement HUMAINE. Ces hommes ont des objectifs toujours renouvelés et ils ne cessent de réfléchir pour trouver les moyens de les atteindre. Je n'ai trouvé que des hommes ici...comme vous et moi, mais niou kham lignou beugg !

Djinné amou fi !

Samba Sène a dit…

Bonjour Alioune,
Les questions que tu soulèves sont de grandes importance et actualité. Pour alimenter le débat, je voudrais partager quelques-uns de mes convictions:
1) Plus une société (une communauté, une entreprise) se complait dans le conservatisme, moins elle est encline à sortir des sentiers battus, donc à innover;
2) Plus une société croit aux pouvoirs des forces surnaturelles et se laisse guider par toutes sortes de mythes, moins elle a tendance à croire aux capacités des hommes et femmes à prendre en charge leur destin et à changer le cours des choses;
3) Toutefois, je ne souscris pas aux justifications ou explications culturelles et ethnologiques du sous-développement; ce serait accepter que la situation de l'Afrique est une fatalité et par conséquent refuser l'action qui sauve et qui libère. Je ne crois aux théories comme celles développées par Axelle Kabou dans son livre " Et si l'Afrique refusait le développement qui confinent à l'autoflagellation inutile et l'inaction mortelle. Ni afro-pessimiste, ni afro-optimiste, mais réaliste, ambitieux, résolu et tendue vers l'action réfléchie.
Depuis que j'ai commencé à réfléchir sur l'innovation, je me suis rendu compte qu'il y a beaucoup d'africains qui réfléchissent, agissent, entreprennent et innovent dans beaucoup de domaines. L'un des rares qui manquent à l'appel, c'est la gouvernance politique: très peu d'audace, très peu d'originalité, beaucoup de velléités et quasi-absence de volonté de sortir des autoroutes de la conformité. L'Afrique est malade du manque de leadership de ses élites politiques! Peut-être une lueur: l'expérience du Rwanda avec Paul Kagamé. A suivre avec intérêt, vigilance et esprit critique.
Merci et à bientôt